Surface :650m2

Localisation : Pessac (33)

Mission :Conception et réalisation d’un jardin d’échoppe Bordelaise

Maîtrise d’ouvrage : Mme R.

Equipe : Romain Lacoste Paysagiste dplg, Paul Leurent Paysagiste dplg

Phase : Chantier livré 2017

Le projet se sert de la forme particulière en triangle de la parcelle et de la situation de l’habitation sur cette dernière pour créer une partition de l’espace en 2 grandes entités.

La première s’apparente à une entrée, tel un jardin de devant, propice au stationnement du véhicule et permettant de progressivement rejoindre l’habitation. La seconde est celle du jardin d’agrément, nommé celui de derrière, réunissant les aménités paysagères que l’on souhaite traditionnellement (farniente, prise de repas et réception, jeux, agrément visuel…).

La clairière où l’art de la dissimulation

L’idée maitresse du dessin est celle d’une petite clairière, au sens espace/lieu ouvert ceint d’une végétation dense, où la lumière pénètre plus que dans les parcelles adjacentes. Ce positionnement, nous l’avons souhaité afin de recréer un espace ouvert, simple d’usage et suffisamment dégagé afin de s’y sentir bien. Un espace simple, peu encombrant et encombré, entouré d’une végétation dont la présence permet un certain repli, une certaine intimité.

On y accède généralement par des chemins étroits, depuis des parcelles plus ou moins densément végétalisées et l’effet de surprise toujours nous réjouit !

Et souvent en paysage, la clairière résulte soit d’une utilisation différente d’un lieu par rapport à son contexte environnant, soit par un abandon – une reprise d’activité, soit par un arbre mort dont la chute à laisser le soleil pénétrer le sol.

De ces pratiques et phénomènes, de ces « accidents » du temps émergent d’autres pratiques, qui utilisent et recouvre progressivement le passé pour proposer quelque chose de nouveau ; à la vue, au nez par exemple.

Aussi cette image a été un fil rouge pour la conception du jardin. Et dès lors que ces deux espaces (devant et derrière) nous sont apparus comme deux jardins différents, l’idée d’une double clairière à fait son chemin.

A ces deux espaces nous y avons adjoint des sous-usages, tout autant important mais qui participent à la particularité, au l’identité propre de chacun. Ses sous-usages sont à l’image d’une réappropriation de l’espace ancien, par de nouveaux habitants.

Le cortège végétal est pensé en termes de lanières et de bandes qui se superposent où se côtoient. Du plus clair au plus foncé, les végétaux prennent du volume et gagnent en taille pour progressivement rejoindre et s’entremêler avec la clôture. Ainsi se créée une barrière visuelle progressive.

Sur ces strates s’ajoutent des arbres et arbustes, parfois isolés, au feuillage ou à l’écorce singulière (bouleaux en cépée – par trois, saule tortueux ou à peaux de serpent…), ceci afin de ponctuer l’espace de curiosité, d’éléments naturels typiques, voire non conventionnels.

On y trouve également des plantes potagères, des arbustes fruitiers et quelques fleurs et arbustes à fleur. Il s’agit de créer un cortège végétal qui tente de se diversifier en fonction des saisons mais qui ne nécessite pas trop d’entretien.

Sur les clôtures et les grillages, on retrouve des grimpantes aux feuillages caducs ou persistants. L’aspect général serait celui d’une variation de feuillages et de couleurs d’écorces, dans des tons de vert, jaune voir blanc parfois et quelques touches colorées, sans tomber dans un patchwork trop bariolé.